A quelques mois des élections au Burundi, la Parole en Action pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités (PARCEM) organise le lundi 3 Mars 2025 un atelier d’échange sur la gestion des conflits électoraux. Des acteurs de la société civile, des hommes politiques, des spécialistes chercheurs mettent en lumière les défis et opportunités :
Face l’imminence de l’heure du scrutin, la stabilité politique enquiquine les sphères politiques et de la société civile au Burundi. « Les objectifs de la vision d’un Burundi, pays émergent en 2040 et développé en 2060 et les plus belles promesses qu’elle expose ne sont que des chimères aussi longtemps que la stabilité politique n’est pas garantie après les élections de juin 2025 dans un pays fragilisé par les conflits électoraux », indique Guillaume Ndayikengurutse, un professeur de l’Université du Burundi et expert invité lors de l’atelier d’échange.
Alors que les experts citent l’exclusion politique, la corruption généralisée, le système judiciaire et la culture de rivalité ethnique et le souci de résoudre des problèmes par la violence parmi les principales causes des conflits électoraux, les témoins des crises post électorales d’antan déplorent l’existence de signes pareils de nos jours sur la scène politique du pays. « les candidats à l’élection sont en grande partie les membres du parti au pouvoir presque dans tous les coins du pays », fait savoir Léonce Ngendakumana, un homme politique et président du parti frodebu.
Contrairement aux hommes politiques qui parlent à faux les élections, Léonce Ngendakumana les considèrent autrement. « les élections sont une bonne chose sachant qu’elles offrent aux électeurs participants l’occasion de changer les institutions et les mauvais plans en place ou des dirigeants qui n’ont pas satisfait les attentes et qui n’ont pas tenues leurs promesses ».
Dans ce contexte, Jérémie Ngendakumana, l’ancien Secrétaire Général du parti CNDD-FDD au pouvoir trace la ligne de conduite des hommes dignes pour le pays. L’élection devrait aboutir aux dirigeants serviteurs de tout le peuple burundais sans aucune discrimination avec le vif souci de conduire le pays au monde tel qu’il est décrit par la vision dans la 2040 et 2060. L’homme politique compare les dirigeants en place comme des coaches d’une équipe, sommées de recruter, a-t-il martelé, les meilleurs buteurs, les meilleurs tireurs et les meilleurs gardiens issues de toutes les équipes pour aboutir à l’émergence et au développement de de son équipe.
Pourtant, les mobiles des candidats aux élections diffèrent l’individu à l’autre. « Certaines gens convoitent le pouvoir à tout prix sachant qu’ils sont poussés par intentions autres que celles de faire avancer le pays. », déplore Jérémie Ngendakumana. Au moment où presque toutes les élections ont fait souffrir le pays, l’homme politique appelle à la commission électorale nationale Indépendante de bien jouer la carte à tel point que la transparence et l’équité marque considérablement les élections. Dans ce contexte, Jérémie Ngendakumana conseille à tous les candidats d’être conscients et accepter le résultat du scrutin sachant qu’il peut être en faveur tout comme en défaveur d’eux.
Le représentant de la commission électorale nationale Indépendante rassure sur la tenue des prochaines élections « toutes les questions ont été abordées à tel point que la belle tenue des élections à déjà vu le chemin », indique Dévaste Nyamutegera, chargé de l’éducation au sein de la de la commission électorale nationale Indépendante.
Attention à la décennie électorale
Au moment où le pays entre dans sa décennie électorale de 2025 à 2035, certains hommes politiques alertent sur les chargés d’organiser les élections. « En tant que pays ayant largement souffert des conséquences des conflits électoraux, les dirigeants doivent faire preuve de génie pour gérer les nombreuses élections prévues dans 10 ans et sauver par la suite la stabilité politique en lien étroit avec la réussite de toutes les politiques de développement », indique le coordinateur des projets au sein de la Parole en Action pour le Réveil des Consciences et l’Évolution des Mentalités.
Bien que les préparatifs des élections actuelles s’annoncent sur des mauvais signes notamment les tensions de guerre régionale aggravé par les conflits armés à l’Est de la République Démocratique du Congo, la pénurie du carburant, des devises, des médicaments en plus des signes visibles des nombreuses populations à qui ont essait de forcer pour participer aux élections, Léonce Ngendakumana, président du parti Frodebu appelle les autorités en place à bien assainir les maux qui existent au moment même et tracer le chemin pour les prochaines élections.
La vision du Burundi, un pays émergeant en 2040 et un pays développé en 2060 assortie du plan national de développement révisé de 2023-2027oblige les autorités administratives et les acteurs de la société civile à travailler fort pour sauvegarder ses piliers « liée à la prévention et à la gestion des conflits électoraux, la stabilité seule définira l’atteinte ou non des objectifs de développement de la vision au cours de la décennie électorale marquées par trois élections législatives, trois élections communales, trois élections collinaires et deux élections présidentielles de 2025 jusqu’à 2035 », souligne le coordinateur des projets au sein du PARCEM.
A l’occasion des échanges, le représentant de la Commission Électorale Nationale Indépendante assure qu’en dépit des inquiétudes soulevées, les élections vont très bien se dérouler faisant appel aux participants à faire tout pour faciliter le processus et permettre que tout se passe paisiblement au profit de tous les Burundais.
Juldas Nduwayezu